Dans l’absolu, nous avons tous une idée sur la question. Mais si on ajoute la notion de multi-site, alors cela devient plus difficile. La réponse se trouve dans les objectifs du projet et les moyens pour les atteindre.

Littéralement parlant, définir une usine à sites est simple. C’est un outil ou un ensemble d’outils et un process qui permettent de construire un site web à partir de matière première. C’est simple, mais cela ne nous éclaire pas vraiment. Qu’est-ce que l’on entend par construire ? Quel est le type de process, est-il technique, humain ou les deux ? De même que pour les moyens, s’agit-il du contenu, des acteurs, des outils techniques ? Mais tout d’abord, tordons le cou à une idée reçue ! Non, usine à sites et multi-site ne sont pas synonymes, même si les technologies de l’un peuvent servir à l’autre.

L’usine à sites relève davantage de la méthode que de l’outil alors que le multi-site est une capacité, native ou ajoutée, de l’outil de gestion de contenu.

Une usine à sites est un procédé qui permet de mettre en route un nouveau site selon un modèle donné, paramétrable. A partir d’une liste de fonctionnalités, d’une panoplie d’outils de présentation et de paramètres techniques (domaine, langue, direction de dépendance, …) le procédé permet de générer le squelette d’un site et de le mettre en service. Ensuite, les responsables du site prennent le relais pour le renseigner et l’animer. L’administrateur central conserve, s’il le souhaite, un niveau de contrôle et d’assistance sur le site généré. D’une manière générale, le site est indépendant des autres sites produits par l’usine. Néanmoins, si la conception de l’usine l’a prévu, il est possible que certaines fonctionnalités ou contenus soient transverses entre les sites. C’est sans doute cette possibilité qui fait que l’usine à sites peut être assimilée au mutisite.

usine à site cover

Le multisite quant à lui est un abus de langage, il s’agit en fait d’une solution de gestion capable de gérer plusieurs sites. Ainsi, c’est le partage du backoffice, jusqu’à l’infrastructure d’hébergement qui caractérise l’outil de gestion multisite.

Comme souvent, c’est le besoin qui va déterminer la mise en œuvre d’une usine à sites. Plusieurs stratégies peuvent conduire à un tel choix.

La normalisation de la communication d’un groupe est un cas d’école pour les usines à sites, notamment à l’international.

INTERNATIONAL

Le plus courant est lié au caractère multisite de l’entreprise. Par exemple, un groupe international qui souhaite normaliser son image a tout intérêt à mettre en place une usine à sites. Un site cadré en termes de formes et d’organisation rassure la direction générale ou au moins celle de la communication. La possibilité de gérer et animer localement le site est une vraie liberté pour les équipes décentralisées. Moyennant un peu de développement, il est même possible de partager des contenus permettant ainsi au siège de communiquer localement ou aux sites de mutualiser une partie de leurs efforts. On notera que l’usine à site peut aussi être un outil doux de reprise de contrôle de la communication locale.

Le marketing peut aussi se prêter à l’exploitation d’une usine à sites, notamment pour différents catalogues ou pour la présentation de différents produits via des minisites. Chaque produit dispose d’une page dans un site catalogue et d’un minisite de présentation détaillée. Il faut simplement prendre garde à l’information redondante qui est à proscrire pour le SEO.

Cette démarche peut également s’organiser par gamme ou par marché en fonction des besoins de l’entreprise.

L’ecommerce se prête bien à la déclinaison de sites par une usine, pour la dynamique de vente et la mutualisation des moyens.

Lorsque l’entreprise a une forte activité ecommerce et que celle-ci s’exprime à travers une offre riche et variée, la déclinaison de sites pour la vente est un moyen de préserver les investissements tout en gardant de grandes latitudes, par secteur, par gamme ou même par produits. C’est avant tout la mutualisation des moyens qui dominera à l’heure du choix. C’est une spécialité des solutions multisites. Néanmoins, si des disparités importantes apparaissent entre les sites, par exemple entre les gammes (homme ou femme, standard ou marine, …) ou les publics (professionnels ou grand public, interne, clients ou partenaires) l’usine à sites est à considérer. La démarche peut aussi compléter celle du marketing vue précédemment.

New call-to-action

L’usine à site est aussi une solution pour les entreprises dont les différentes activités ont une réelle autonomie.

Un peu de la même manière qu’à l’international, l’entreprise peut avoir plusieurs activités, autonomes mais néanmoins sous la même bannière. Dans ce cas, l’usine à sites peut apporter une réponse efficace aux besoins. C’est d’autant plus vrai pour la communication interne lorsque les activités sont effectivement distinctes. Dans ce cas, la normalisation et la mutualisation apportées par l’usine à sites seront très appréciées et on préservera tout de même l’autonomie de contenus et de services.

Au-delà de la mutualisation et de la normalisation, le délai de mise en ligne (time to market) d’un nouveau site est un atout déterminant de l’usine à sites.

Lorsque le besoin d’un nouveau site dans la galaxie de l’entreprise se fait sentir une démarche de projet se met en place. Pour un site « plaquette » de présentation d’un nouveau produit par exemple, le temps de conception, de réalisation, de vérification et de mise en service varie de 3 à 12 semaines en fonction du contexte. rapidité Cela peut être facilement plus long, mais rarement plus court.

Lorsque l’on dispose d’une usine à sites, ce délai peut être de 1 à 3 semaines, parfois de quelques jours lorsqu’il s’agit d’un site standard, c’est-à-dire dans un cadre et une forme déjà modélisés. Le temps de conception reste le même, c’est la réalisation et surtout la recette qui sont écourtées.

Cet aspect de réduction des délais ajouté à la mutualisation des coûts de développement et d’hébergement permet de projeter le retour sur investissement de l’usine à sites. Ainsi, la normalisation de la communication et l’autonomie des équipes locales sont des avantages financés.

 

Quelle technologie pour mon usine à sites ? 

Deux voies sont possibles pour construire une usine à sites : utiliser une solution du marché, ou la construire à partir d’un framework.

De fait, les solutions packagées sont plus proches de la fonctionnalité multisite que de l’usine proprement dite. Ainsi par exemple, Wordpress est nativement multisite et permet de créer rapidement des sites enfants avec leur propre thème. La Fédération Française de Football utilise ce moyen pour les sites de ligues. Mais cela n’est pas vraiment une usine à sites, même si avec du développement spécifique on peut s’en rapprocher.

Il s’agit plutôt d’un environnement technique configuré et enrichi dans la démarche de production de nouveaux sites. Certains des grands outils CMF (content management framework) comme Jahia ou EzPublish proposent de bons moyens dans cette optique. Par exemple, l’INRA a construit sa galaxie de sites sur une solution Ez.

Drupal, comme Typo 3, se positionnent entre les deux. Lorsque les particularités fonctionnelles restent raisonnables, ces solutions sont de bons choix car elles permettent d’exploiter leurs capacités multisites natives et leurs dispositions au développement spécifique.

Des solutions propriétaires, ou intégrant une logique Paas (Platform As A Service), tiennent aujourd'hui le haut du pavé pour répondre aux besoins d'organisations étendues amenées à gérer plusieurs dizaines, centaines de sites. On peut ainsi citer Acquia Cloud Site Factory, qui exploite une version industrialisée de Drupal, et qui équipe tous les sites Internet de Nestlé, SiteCore, solution en .Net qui équipe notamment les marques de L'Oreal, ou encore Adobe. Cette dernière solution présente notamment l'avantage d'être intégrée à toute la suite de personnalisation d'Adobe. Les coûts de déploiement et d'infrastructure de ces solutions restent néanmoins élevés.

Enfin, il reste toujours possible de construire son usine à sites par un développement ad hoc, au moins sur la base d’un environnement spécialisé comme php/symfony ou java/spring. Le besoin doit alors être très particulier pour justifier d’un tel investissement.

 

 

 

Publié par Adimeo
CEO Adimeo
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