L'évolution très rapide des nouvelles technologies a fait naître de nouveaux métiers. Ainsi l'UX designer est un profil de plus en plus recherché. Mais quel est son véritable rôle et quelles sont ses compétences requises ?

 L'UX designer n'est pas un spécialiste

Il n'est ni un graphiste ni un directeur artistique, ni un programmeur d'interface ni un stratège en marketing. Il est un peu tout cela à la fois : technicien et psychologue, artiste et ergonome, créateur d'un projet et catalyseur d'une équipe. Car face à l'évolution des techniques et des pratiques d'utilisation et d'achat, on est passé de l'ère du consommateur à celle de l'utilisateur. L'acronyme anglais UX désigne l'User eXperience, cette expérience de l'utilisateur quant à une interface, un produit, une marque, une recherche de renseignement, une expérience d'achat. Fondé sur l'interactivité, ce nouveau métier fait donc appel, à parts égales, à l'ergonomie et à l'esthétique, à la raison et à l'émotion, à la praticité et à la maniabilité, à l'efficience et à l'attractivité. Il s'agit, avant tout, de faciliter, d'améliorer et d'enrichir l'expérience de l'utilisateur, mais aussi d'agir, de façon très subtile, sur ses sensations, ses émotions, ses réflexes et sa mémoire, sa part consciente et inconsciente. L'expérience de l'utilisateur doit ici primer sur tout autre critère, que ce soit la qualité intrinsèque d'un projet artistique ou la seule ergonomie d'un programme. Pour réussir cet équilibre subtil entre des connaissances techniques, des stratégies marketing et des sciences cognitives, l'UX designer doit être fondamentalement pluridisciplinaire et faire preuve d'un esprit d'ouverture et d'un sens de l'humilité face au réel. 

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L'UX designer n'est pas un designer UI

Vous connaissiez déjà l'UI designer (ou User Interface designer), chargé de la conception d'une interface utilisateur, d'une application mobile ou d'un objet connecté. Le designer UI est en charge de la conception générale de l’interface, de l'ergonomie de la navigation, de la lisibilité des parcours et de la qualité des contenus. Il organise des éléments techniques, graphiques et textuels. Avec l'évolution des technologies qui tendent de plus en plus à faciliter et à enrichir l'expérience de l'utilisateur, il prend en compte la qualité de la navigation tactile ou les effets de la vocalisation. 

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L'UX designer va, quant à lui, prendre en compte tous ces éléments graphiques et techniques en étudiant leur interaction et en impliquant l'utilisateur. Il va chercher à parler à la fois à ses sens et à sa raison, à toucher sa mémoire affective, à répondre à ses besoins et devancer ses désirs. Avant tout, sa démarche est guidée parce qu'il devine les attentes de l’utilisateur. Il doit rendre non seulement le site accessible, facile à prendre en main et efficient, mais encore créer une expérience d'utilisateur unique et ciblée. L'UI designer est avant tout un programmeur qui a des connaissances techniques, graphiques et esthétiques. Il a suivi diverses formations, en informatique, en design graphique, en communication et médias numériques, en technologies de l’image virtuelle ou en ingénierie numérique.

 

Source: Illustration Agence LunaWeb

Du bon usage de l'USE : le bon UX designer doit rechercher une expérience utilisateur "utile, simple et efficace"

people-coffee-tea-meeting.jpgL'UX designer, quant à lui, peut avoir suivi une formation en graphisme, en communication et marketing ou en ergonomie, venir du monde des multimédias ou appartenir au réseau des créateurs artistiques. S'il n'y a pas de profil-type pour ce nouveau métier du web, de nombreux UX designers sont depuis quelques temps titulaires d'un master en sciences cognitives. Si l'UX designer ne peut à lui tout seul réunir toutes les compétences nécessaires pour concevoir et réaliser une bonne expérience utilisateur, il doit avant tout savoir travailler en équipe et être le catalyseur d'un projet. En collaboration avec tous les acteurs, il va donc chercher l'équilibre le plus juste entre les différents éléments, de l'ergonomie au graphisme, du marketing à l'ingénierie numérique, pour aboutir à ce que les anglo-saxons appellent une solution "Utile, Simple et Efficace (U.S.E.)", capable de répondre à un besoin précis de l'utilisateur. Ce qui compte, ce n'est donc pas la seule qualité d'un prototype, mais la connaissance affinée de l'utilisateur, de ses demandes les plus fréquentes, de ses habitudes de navigation, de ses réactions possibles, conscientes ou inconscientes, face à une application mobile ou un site de e-commerce. L'UX designer doit avant tout rassembler tous les éléments du projet et les passer au crible de l'expérience de l'utilisateur. Ce projet, cette application, ce site sont-ils en phase avec les demandes de l'utilisateur : recherche-t-il avant tout une expérience d'achat facilitée et rapide, des informations de qualité sur des produits, des remises immédiates, une expérience sensorielle ou immersive inédite ou une modélisation des objets et des univers grâce à la 3D ?

L'UX designer n'est pas un directeur artistique

Longtemps, c'est le directeur artistique qui était, avec le directeur marketing, maître du projet. Il mettait en valeur un produit grâce au graphisme, il améliorait l'image de marque d'une enseigne grâce au "storytelling" : il s'agissait à la fois de présenter des produits sous leur meilleur jour et de raconter une histoire susceptible de créer de l'empathie. Si le rôle du directeur artistique est toujours essentiel pour gagner en prestige et en crédibilité, il ne saurait se confondre avec la fonction de l'UX designer. Le premier obéit à la fois à une démarche esthétique et à des impératifs marchands, le second participe à une démarche interactive qui prend en compte l'expérience la plus concrète de l'utilisateur, sa manière d'accéder au site, son temps de navigation, les méandres de son parcours, sa façon de repérer des produits, les raisons possibles qui font qu'il achète ou qu'il n'achète pas. Subtile, volatile et complexe, l'expérience de l'utilisateur répond à des règles à la fois concrètes et inconscientes, et il est impossible de vouloir l’imposer "de haut" à un utilisateur, même à l'aide d'un projet esthétique particulièrement réussi ou d'un programme high tech très novateur. Le rôle de l'UX designer suit donc trois phases, décrites par les analystes anglo-saxons de l'UX design : il lui faut observer (User research), valider (User test) puis procéder à une itération (iteration test), au cours de laquelle il s'agira de trouver des solutions approximatives raffinées qui se rapprochent graduellement de la solution recherchée, de manière à s'assurer de l'efficience d’une création d’expérience.

IN SITU : le bon UX designer sait se confronter à la vérité des tests "en situation"

pexels-photo-207569.jpegOn pourrait dire que l'école du design d'expérience est une école de la vie. Elle apprend avant tout à s'incliner devant le réel. Si un directeur artistique peut être amené à défendre personnellement son projet ou à imposer ses goûts à l'ensemble d'une équipe, l'UX designer va, quant à lui, devoir prendre en compte tous les paramètres du processus de création, de réception et d'interaction : contraintes techniques, besoins des utilisateurs, demandes de la marque en termes de budget et de politique marketing. En d'autres termes, il lui faudra s'assurer que le projet est non seulement faisable, mais encore utilisable ou "U.S.E." comme on dit dans le langage de l'UX design, c'est-à-dire, "utile, simple et efficace". Pour l'UX designer, le moment de vérité a lieu derrière une vitre sans tain, lorsqu'il est amené à observer la réaction en situation des personnes lors des tests utilisateurs. Un libellé mal formulé dès la page d'accueil, des icônes ou des boutons mal placés qui ralentissent le "call-to-action", un temps trop long à obtenir des informations sur les produits ou les tailles des images qui déroutent au lieu d'attirer, et c’est le projet d'ensemble qui est à revoir. En tenant compte avec humilité de la réalité de l'expérience des uns et des autres, l'UX designer va devoir revoir son prototype, afin de rendre le site de e-commerce ou l’application mobile plus maniables, plus lisibles ou plus attractifs.

Le bon UX designer doit accepter le principe du "work in progress"

Au terme de ces différentes comparaisons pour savoir ce qu'il n'est pas, quelles sont donc les qualités qui font le bon UX designer ? Une culture interdisciplinaire qui va du graphisme au benchmark, des notions ou des connaissances approfondies dans les sciences cognitives qui comprennent l'étude et la modélisation de phénomènes comme la perception, l'intelligence humaine ou artificielle, le langage, la mémoire, l'attention, le raisonnement ou les émotions. Sur le terrain, il lui faudra montrer une capacité à travailler en équipe et un savoir-faire dans l'art de fédérer un projet, un sens profond de l'écoute et une capacité à prendre en compte les besoins et les attentes des uns et des autres, de la stratégie du directeur marketing à l'expérience de l'utilisateur lambda. Surtout, face à la réalité des résultats des tests d'utilisateur, il devra être capable de revoir rapidement son projet afin de trouver par tâtonnements successifs la solution la plus adaptée. Une sorte de "work in progress" souvent recommencé.

Nouveau call-to-action

Pour approfondir :
  •  "UX Designer, un métier en plein boom et loin des clichés du geek" par Perrine Grua
  • Garrett J.J. (2011), "Les éléments de l'expérience utilisateur. Placer l'utilisateur au cœur de la conception des produits web et mobiles", Pearson Campuspress
  • Lallemand C., Gronier G. (2017), "Méthodes de design UX, 30 méthodes fondamentales pour concevoir et évaluer les systèmes interactifs", Eyrolles
Publié par Adimeo
CEO Adimeo
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